Un projet de restructuration prévoit la suppression de près de la moitié des emplois du site.
"56 suppressions de postes, ce n’est pas une ligne dans un bilan. C’est près de la moitié d’un site industriel qui vacille." Dans un communiqué, les membres du CSE de Kongsberg Automotive et la CFDT alertent sur les conséquences du projet de Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) présenté par la direction du site de Cluses à la mi-juin, et actuellement en consultation.
Le projet prévoit la suppression de 56 postes sur les 114 que compte actuellement le fabricant de pièces automobiles, avec 58 emplois maintenus. Une restructuration qui représente donc une réduction de près de la moitié des effectifs et qui suscite une forte inquiétude chez les salariés et leurs représentants. Derrière ces chiffres, le CSE rappelle qu'il y a "des femmes et des hommes qui ont consacré une grande partie de leur vie professionnelle à cette entreprise". Plusieurs salariés concernés y travaillent depuis près de vingt ans et disposent d’un savoir-faire industriel acquis au fil des années.
Cette annonce intervient dans un contexte où plusieurs entreprises de la Vallée de l'Arve ont engagé ou annoncé des restructurations ces derniers mois, alimentant les inquiétudes autour de l'emploi industriel sur le territoire.
Des inquiétudes sur le reclassement
La CFDT doit rendre son avis sur ce projet de PSE le 28 septembre. Les représentants du personnel dénoncent un calendrier contraint et demandent des garanties sur l’accompagnement des salariés touchés. Ils s’inquiètent notamment des perspectives de reclassement alors que le marché de l'emploi est déjà sous tension. L’âge moyen des salariés concernés, proche de cinquante ans, est également un facteur d'inquiétude.
Quel avenir pour le site de Cluses ?
Au-delà de l’impact social, les élus s’interrogent également sur l’avenir du site de Cluses. Ils pointent notamment les difficultés rencontrées par la "Division Couplings", une activité spécialisée dans la fabrication de coupleurs destinés aux systèmes hydrauliques de freinage des poids lourds, qui devait progressivement prendre le relais de l’activité historique liée aux leviers de vitesse automobiles. Selon les représentants du personnel, les objectifs commerciaux annoncés pour cette activité n’auraient pas été atteints. Ils estiment que les salariés ne doivent pas être les seuls à supporter les conséquences des choix stratégiques qui ont conduit à cette situation.
Les représentants du personnel s'interrogent également sur la capacité du site à poursuivre son activité avec des effectifs réduits de près de moitié. Ils demandent quelles garanties la direction peut apporter pour préserver les compétences indispensables à la production, maintenir les conditions de travail des salariés qui resteront en poste et assurer la pérennité de l'établissement. Ils souhaitent également obtenir des réponses sur la stratégie industrielle et les perspectives commerciales du site à plus long terme.